mardi 16 octobre 2012

Les hauts et les bas du Maroc

Ça faisait longtemps qu’on voulait y aller, nous avons profité des derniers moments disponibles pour y aller, soit la dernière semaine avant mon retour à Montréal. Nous nous sommes donc envolés pour Marrakech pour cinq jours. Encore une fois, nous avons préféré rester à l’hôtel la veille, parce que pour prendre l’avion à 6h20, je ne sais pas à quelle heure il aurait fallu partir dans la nuit. Le seul avantage avec un tel horaire, c’est que nous pouvons assister au lever du soleil en plein ciel.

De tous les vols que j’ai effectués avec RyanAir, je crois que c’est celui qui a été le plus turbulent (et rien à voir avec les conditions météo!). Une fille a oublié sa sacoche dans l’aéroport et s’en ai rendu compte quand l’avion était près à partir, comme elle avait son passeport, on lui a offert de quitter le vol et récupérer ses affaires ou de rester à bord et d’annuler ses cartes de crédit à l’arrivée à Marrakech. Il y a aussi eu une fille qui a eu un malaise dans l’avion, les agents de bord étaient à la recherche active d’un médecin ou d’une infirmière tout en créant un petit vent de panique au sein de l’appareil. Ajoutez cela à tous les désagréments qui peuvent se produire en avion (bébé qui pleure, voisin envahissant, etc.), bref les trois heures de vol n’ont pas été de tout repos! Nous avons quand même réussi à atterrir avec un bon 25 minutes d’avance. 

Nous avions réservé un taxi avec l’auberge de jeunesse où nous séjournions à Marrakech. On nous avait dit par courriel qu’un chauffeur nous attendrait avec une pancarte au nom de l’auberge, Hostel Marrakech Rouge, et qu’il nous en coûterait 150 dirhams (soit l’équivalent d’un peu moins de 15 euros). Le scénario de notre arrivée a été un peu différent, oui le chauffeur nous attendait bien à l’aéroport, mais disons que nous aurions aimé que la suite du voyage en taxi nous soit expliquée dans le courriel, et vous comprendrez pourquoi. Donc une fois après avoir trouvé notre chauffeur, il nous a amené à l’extérieur de l’aéroport pour nous dire de prendre un taxi avec un autre chauffeur, ah ok. Après une vingtaine de minutes, nous arrivons dans le cœur de la médina, la vieille ville de Marrakech, le taxi entre dans un minuscule stationnement entouré de mur, fait un virage en U et fait signe à un autre homme dehors qui nous attend. Un peu surprise, je demande au chauffeur en français c’est ici qu’on descend, il me répond que oui et qu’il faut suivre l’homme. Ok, l’homme n’a pas dit un mot à Mr. C ou moi-même, mais on le suit quand même, Mr. C devant et moi une bonne dizaine de pieds derrière, pas à l’aise avec la situation du tout. On rentre dans une allée sinueuse, et finalement on arrive à une porte où nous reconnaissons le symbole de HostelWorld sur le mur et les paraphe MR, mais cela ne me donne qu’à moitié confiance. La porte s’ouvre et nous entrons finalement dans ce qui semble être en tout point une auberge de jeunesse. Enfin soulagés, mais encore un peu stressé. On nous offre gentiment du thé à la menthe pour nous faire patienter. Scénario qui s’est bien déroulé en fin de compte, mais après avoir compté la chose à des habitués de Marrakech, ils avouent que la situation semblait très louche! 

Après avoir tout réglé à l’auberge, on a décidé d’aller se perdre dans la ville, car même si on a une carte, la majorité de temps ça ne sert à rien. Marrakech c’est un véritable labyrinthe et les noms de rues sont tout simplement inexistants. Il est donc important de savoir se repérer à partir de la place Djemma el-Fna qui est au centre de la médina. Dans les souks, les marchants sont assez achalants, pour une raison ou une autre, on pensait que j’étais espagnole et on m’adressait la parole en espagnol uniquement. La première journée, c’est rigolo, mais au bout de 5 jours y’en a marre, mais vraiment. Il faut aussi marchander dans les souks, art que je ne maîtrisais pas très bien en Chine, je me ne suis pas essayée pour une paire de babouches… d’autant plus que comme je partais la semaine suivante pour Montréal, il n’était vraiment pas le temps de me mettre à accumuler des trucs. Mais si j’avais eu à acheter quelque chose, j’aurais bien voulu avoir une de ses lampes. Plus elles sont grosses, plus elles sont belles, moins il est évident de les ramener à la maison par contre. Dans une autre vie peut-être! 

L’activité à faire en soirée, c’est d’aller à la place Djemma el-Fna, car ce qui s’y trouve en soirée, n’a rien à voir avec le jour, mis à part certain vendeur de jus d’orange frais. L’activité principale, c’est manger, je dirais qu’une trentaine de kiosques tentent de s’arracher les multiples voyageurs, mais aussi certains Marocains pour déguster leurs plats traditionnels à très bon prix. Tajine, merguez, couscous, brochettes et j’en passe de quoi se bourrer la fraise. Il y a aussi un peu à l’écart, les vendeurs de soupe à l’escargot, nous n’avons pas essayé, mais cela semblait très populaire auprès des touristes français, tiens donc! 

Quand vous avez terminé votre repas, vous pouvez aussi faire un arrêt sucré. Pour 30 dirhams on vous concocte une boîte de petites douceurs, largement à base d’arachide, mais aussi de noix de coco et de caroube. Tout simplement délicieux. 
La boîte est beaucoup plus pleine que ça quand elle est neuve, hum!
Après le repas, il y a beaucoup d’action sur la place, on voit des charmeurs de serpents, des danseurs, des musiciens, des conteurs d’histoire et j’en passe. Je ne peux pas dire que je me suis sentie à l’aise dans cette foule, majoritairement constituée de Marocains et où les seules femmes présentes sont celles qui font des tatouages au henné. Si au départ je voulais me faire tatouer le pied, j’ai vite changé d’avis en voyant le résultat, les tatouages sont faits très vite, les dessins très sommaires. Aussi je n’ai vu aucune Marocaine avec de tels tatouages aux mains, je me suis donc dit que cela devait être une attrape-touriste plus qu’autre chose. 

À notre troisième journée à Marrakech, nous avions réservé une matinée au spa Les Bains de Marrakech qui m’avait été conseillé par une coéquipière de balle-molle. Nous avons pris un combo hammam et massage. À l’auberge, un autre voyageur m’avait avertie qu’il était probable qu’on me masse la poitrine, que c’était la façon de faire ici. Je me suis dit que c’était peut-être plus dans les hammams publics et que nous nous allions dans un spa plus luxueux, donc on verra. Trouver le spa a été un exercice périlleux encore une fois, mais une fois rendu sur place, il s’agit d’un vrai havre de paix, il n’y a aucune façon de savoir que c’est le chaos à l’extérieur. On a pu profiter de la terrasse où on nous a servi un jus de figue de barbarie, ce fruit qui pousse sur les cactus et qui se vend partout dans les rues de Marrakech. En fait, ça goûtait un peu le melon d’eau, mais avec une couleur orangée. Ensuite, ce fut la portion hammam. Nous sommes restés dans le sauna une bonne vingtaine de minutes avant que deux femmes viennent nous frotter vigoureusement avec un savon noir et un gant de crin (que nous avons pu garder à la fin). En frottant mon dos, la dame a défait mon maillot et en me tournant elle l’a complètement enlevé pour me «poncer» la poitrine. Disons que Mr. C était très crampé. Après l’exfoliation, nous avons été recouverts d’un mélange d’algues que nous avons laissé reposer quelque temps. Puis, nous avons pris notre douche, disons que la dame était encore une fois pas gênée et est venue me rincer jusque dans la culotte, tandis que Mr. C se faisait à peine toucher!! 
Photo: Bains de Marrakech
Pour le massage, j’ai été encore une fois seins nus et en plus, lorsque j’étais sur le ventre, la massothérapeute a carrément mis ma culotte de bikini en version string! C’est à se demander pourquoi on disait que le port du maillot était obligatoire sur le site internet… Bref, nous sommes sortis de là très détendus avec une peau de bébé, c’était magique. Malheureusement, ce fut de courte durée, une fois sortis du spa, nous avons été accaparés par les gens qui voulaient absolument nous dire où nous étions pour nous soutirer des sous. Nous nous sommes perdus dans la casbah et nous avons décidé de retourner à l’auberge faute d’avoir trouvé les tombes que nous voulions visiter… 

À l’auberge, plusieurs excursions nous étaient proposées. Nous aurions aimé faire une des excursions dans le désert, mais il s’agissait de petits voyages de trois jours et deux nuits, nous ne disposions pas d’assez de temps pour cela. Nous avons donc opté pour une excursion en nature aux cascades d’Ozoud. Si le début de l’excursion semblait chaotique, bref à la Marocaine, le reste de la journée s’est déroulé sans anicroche. Les cascades d’Ozoud sont les deuxièmes chutes en importance en Afrique. Le site est majestueux, nous sommes entourés d’oliviers de toute part. La récolte des olives et la production d’huile étant le moteur économique de la région. 

Nous avons aussi fait la rencontre de nos cousins les singes. Si plusieurs personnes ont pris des photos avec eux, nous nous sommes tenus à l’écart question d’éviter d’avoir des poux ou de se faire faire pipi dessus comme une des dames du groupe! 

Nous n’avons pas dit non au tour en bateau près des chutes, question de nous rafraîchir un peu et voir les cascades de plus près. 

Nous avons eu droit au lunch compris dans le prix de l’excursion grâce à Ali de l’auberge. Nous avons mangé un excellent tajine d’agneau, avec du pain, une salade, du melon en dessert, un vrai festin pour nous et les chats errants qui ont eu droit aux restes. Étrangement, ces chats sont plutôt sveltes, rien à voir avec nos matous de gouttières. 

Plus tôt dans la semaine, nous avions aussi visité la ville nouvelle afin de rejoindre les Jardins Majorelle, qui appartenaient au designer Yves Saint-Laurent. Un autre havre de paix en plein milieu de Marrakech. Une collection de bambou et de cactus impressionnante. Comme toute bonne attraction, il y avait des rénovations qui ne nous permettaient pas de tout voir, mais quand même, ça vaut le déplacement, même si ce n’est pas très grand. 

Nous avons fini notre séjour à Marrakech en allant manger un autre plat traditionnel marocain: le méchoui. Un méchoui qui n’a rien à voir avec celui du jambon de Pâques. On vous apporte des morceaux d’agneau cuit à la broche dans un four spécial dans une assiette sans ustensile, on mange avec les doigts. Bien contente d’avoir eu des lingettes mouillées dans mon sac! Et quand je dis des morceaux, c’est vraiment n’importe quoi, on mange de tout. On avait même un testicule dans notre plat!! La question est de savoir, est-ce qu’on mange vraiment les testicules ou le vendeur nous a fait une blague pour voir la réaction de notre groupe d’Occidentaux. Bien je n’ai pas la réponse à cela, mais disons que les chats s’en sont donné à cœur joie au plus grand dégoût des garçons du groupe… 

Pas peu fâchée de quitter Marrakech pour retourner à Londres où beaucoup de choses m’attendaient. Trois jours avant le départ ultime! Toutes les photos du Maroc sur Flickr.

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